LES INTERVENANTS

École Alsacienne - Cabaret Saint-Germain

Dix élèves de première proposeront dans le cadre du festival jazz et poésie de Saint-Marcel-de-Felines trois divertissements.

Le premier sera une mise en jeu et en espace de onze poèmes de Raymond Queneau, tirés d’une section intitulée « Pour un art poétique »,  extraite du recueil L’Instant Fatal. Le poète y joue avec les mots, y invite la langue orale et le registre familier  afin de démythifier, avec la légèreté de son sourire, la création poétique. Un autoportrait dérisoire pour conjurer l’angoisse de la fin inéluctable…Nous avions envie de vous donner à voir et à entendre ces poèmes aujourd’hui méconnus, sans prétention, juste pour vous donner le plaisir de les découvrir et d’en rire avec nous… Cette prestation chorale sera accompagnée de notre violoniste.

Notre second divertissement sera immersif et ludique. Nous vous inviterons à participer à quelques fantaisies poétiques : « des sonnets partagés » pour tester votre mémoire immédiate, s’adonner au jeu des « sonnets exquis »…

Enfin, le troisième est « Un cabaret Saint-Germain. » Il s’agit de partager des chansons d’après-guerre. Des artistes, des poètes, des musiciens de jazz hantaient les cabarets, les caves et les cafés de la rive droite : Barbara, Juliette Gréco et Miles Davis, Serge Gainsbourg, Boris Vian, pour ne citer qu’eux. Ils y ont forgé leur notoriété. Nous vous proposons de replonger dans l’ambiance de ces années-là, à travers des textes à dire et à chanter, faisant désormais partie de notre mémoire collective. La joyeuse bande sera soutenue par des musiciens.

Pierre Blumberg

Pierre Blumberg dit la correspondance de Gaston Chaissac publiée en 1951 dans le livre « Hippobosque au Bocage » (Gallimard), donnée dans le OFF d’Avignon en 2015 et dans d’autres lieux depuis.
Gaston Chaissac, cordonnier, peintre, écrivain, un peu musicien… a vécu dans le bocage vendéen, né en 1910, mort en 1964.
Pour peindre, il se sert d’épluchures et d’objets empruntés à la vie quotidienne. Des lettres savoureuses, drôles et rustiques à Dubuffet, Paulhan, Queneau, Gallimard… « Voici Chaissac et ses tours. Ses stupéfiants tours. Le roi des déconcertants ! Le prince ! Le numéro un ! Pas un qui me coupe le souffle comme celui-là !»
Jean Dubuffet
« Correspondances hautes en couleurs et empreintes d’un humour caustique qui donne une vision du monde décalée, propre à cet artiste. De quoi ravir un public venu nombreux ».
Vaucluse -Matin
Où il est question autant de l’intime de la créativité quand Chaissac nous livre ses secrets de peinture que quand il lâche des éclats de voix vifs, incisifs, sur le monde en général et l’intelligentsia : « Ce que Van Gogh aurait dû peindre, c’est des charcutiers épluchant des oignons. »
« Émile Zola disait son regret de voir Cézanne ne pas être devenu un grand peintre et cela doit nous mettre en garde contre l’opinion des écrivains car ça prouve bien qu’ils sont loin d’être infaillibles. »

Judith Chavanne

Informations à venir.

Gilles Coquard

Un Trio formé exceptionnellement pour une soirée exceptionnelle ! Trois grands de la scène jazz réunis :

Gilles Coquard (Basse)

(André Manoukian, Line Kruse, Soul Cages Trio, Leila Duclos, Marcel Loeffler, Anne Ducros, Jean-Marie Ecay, Ytré & Filigrana, Ultome, Les Captains, Les Guitar’s Unlimited, Pierre Bertrand, Olivier Louvel, Jimi Drouillard, Éric Séva, Liana Foly, Nilda Fernandez, Paris Jazz Big Band…)

Invite deux de ses amis de longue date mais qui joueront tous les trois pour la première fois !

Philippe Sellam Sax ( No Jazz , Captains, Fat Masters, Michel PetruccianiPaco SeryMichel PortalRoy HargroveOmar SosaStéphane BelmondoEmmanuel BexMédéric Collignon, Electro de luxe, Big Band Lumière avec Gil EvansJohn Scofield, ONJ dir. Denis Badault, MC SolaarHenri SalvadorCharles AznavourClaude NougaroMichel JonaszSanseverinoJean-Jacques Milteau …)

Éric Moulin Claviers ( Tryphon, le Supercolor Tryphonar , Blumy quintet, Tourmaline Gilles Coquard Ultimo, duo Mario Stanchev-Eric Moulin…Liane Foly, Nilda Fernandez, Kent, Pierre Vassiliu, Lenny Escudero, Paulo Mondano, Edgar Rahavatra, Jacques Higelin, Laurent Malot.. Mino Cinelu, Mathieu Michel, Enrico Rava, Linley Marthe, Marcel Papaux, Sébastien Charlier, Jean-Luc Capozzo…)

Pierre Delavène

Lorsque Jean-Laurent Cochet, en 1965, fonde son école d’Art dramatique, tous les étudiants qui s’inscrivent doivent présenter, lors de l’audition d’entrée, une fable de Jean de La Fontaine. L’apprentissage des fables devient très vite un des socles de travail de l’apprenti comédien. Sortiront des bancs de l’école, de grands diseurs de textes, tels Fabrice Luchini, Isabelle Huppert, ou plus récemment Raphaël Quenard. Depuis qu’il dirige l’école, en 2006, Pierre Delavène conserve l’apprentissage des fables de La Fontaine, en poursuivant le travail technique de l’éloquence sensible. A partir d’une fable, tout l’arsenal du travail du comédien est déployé, situation dramatique, sentiment, interprétation, note ouverte, réaccentuation, etc.
Le vers devient libre et parlé, les règles apprises dès l’enfance sont bousculées, afin de rendre plus audibles, compréhensibles et charnelles les “morales” distillées par le fabulateur. On parle les vers en évitant de les “réciter”, on déjoue les mots en évitant de “surjouer” les animaux, pour s’approcher au plus près de l’inspiration initiatrice du poète. C’est ce que Pierre Delavène tentera d’aborder avec quelques fables de La Fontaine dites par des personnes du public. Il vous livrera une autre façon d’appréhender ces fables, que l’on découvre dès l’école primaire, mais dont le sens nous est révélé que bien plus tard*.
Une façon ludique et didactique de plonger au plus sensible et au plus profond du génie de La Fontaine, pour (re)découvrir ses fables sous un angle différent.

* On fait apprendre les fables de la Fontaine à tous les enfants, et il n’y en a pas un seul qui les entende. Quand ils les entendraient, ce serait encore pis ; car la morale en est tellement mêlée et si disproportionnée à leur âge, qu’elle les porterait plus au vice qu’à la vertu. […] Monsieur de la Fontaine, je promets, quant à moi, de vous lire avec choix, de vous aimer, de m’instruire dans vos fables ; car j’espère ne pas me tromper sur leur objet ; mais, pour mon élève, permettez que je ne lui en laisse pas étudier une seule jusqu’à ce que vous m’ayez prouvé qu’il est bon pour lui d’apprendre des choses dont il ne comprendra pas le quart. Extrait de L’Emile, de Jean-Jacques Rousseau.

Marie-Hélène Labbé

Pourquoi lire des poèmes à voix haute ?

On peut avoir envie de lire à voix haute un poème pour soi : parce qu’on l’aime, ou que l’on cherche à mieux le comprendre ; la lecture à voix haute permet souvent d’aller plus loin, ne serait-ce que parce qu’elle est plus lente. On parle et on écoute les vers qui prennent une vie plus dense ;

SON/SENS/SOUFFLE : « Les sons prennent tout leur sens lorsqu’ils sont dits et traversés par un souffle de vie » (Pauline Lambert, Éclats de voix, 2017, France Musique).

On peut aussi lire un poème à voix haute pour quelqu’un d’autre, qui ne peut plus lire ou devant un public.

Cela ne veut pas dire qu’il faut le connaître par cœur, mais il faut l’avoir lu crayon à la main, plusieurs fois pour maîtriser les mots qui riment ou les anaphores, les enjambements, la ponctuation -> Savoir où l’on doit faire une pause dans la lecture ou non.

En étudiant le poème, son harmonie, ses sonorités, ses sens cachés, on peut s’en faire un ami. La lecture n’en sera que plus vivante et passionnée.

La lecture à haute voix d’un poème relève de l’interprétation personnelle du poème. À chaque lecteur de choisir le volume de voix, le rythme, l’intonation…

5 poèmes :

1/ Fantaisie, Gérard de Nerval

2/ Cavalier du temps, Pierre Oster

3/ Liberté, Paul Eluard

4/ Le Mot, Victor Hugo

5/ Enivrez-vous, Charles Baudelaire